Pour quelles raisons l’équilibre décline-t-il avec l’âge?


Nous avons tous perdu notre équilibre et chuté à un moment donné dans notre vie. Que ce soit à cause d'une surface glissante, d’avoir manqué une marche, de s’être enfargé, d'une poussée par quelqu'un, etc. Plus nous sommes jeunes, plus nous sommes capables de maintenir notre équilibre dans ces situations. Cependant, en vieillissant, cela devient beaucoup plus difficile de maintenir l'équilibre. Il y a plusieurs raisons qui explique ce phénomène. D'abord, analysons comment notre corps est capable de maintenir l'équilibre dans ces situations.


Notre équilibre dépend de l'intégration complexe de nombreux systèmes différents dans notre corps. Il existe trois principaux systèmes qui fournissent des informations sensorielles sur notre environnement. Le premier est notre vision, entre autres mots, nos yeux. Les informations visuelles sont très importantes pour savoir quels obstacles ou surfaces instables se trouvent autour de nous afin que nous puissions les éviter ou nous préparer d'avance pour ne pas perdre l'équilibre. Le deuxième système est le système vestibulaire, qui est l'oreille interne et les canaux semi-circulaires. Ces canaux en forme de boucle dans notre oreille contiennent des capteurs fluides et des capteurs fins en forme de cheveux qui détectent le mouvement de la tête. Le système vestibulaire surveille la position de la tête et nous fournit des informations sensorielles sur le mouvement linéaire (mouvement de haut en bas ou de va-et-vient) ou angulaire (rotation de la tête). Le troisième système est le système somatosensoriel qui fournit des informations sensorielles sur la position de nos articulations dans l'espace, comme les chevilles, les genoux, le cou, etc. C'est ainsi que nous savons le positionnement de nos articulations, pliées ou droite, sans même devoir regarder. Toutes ces informations sensorielles sont intégrées dans le cerveau qui produit alors une réponse finement réglée et coordonnée avec nos muscles pour maintenir notre équilibre.


Cette réponse nous permet alors de garder notre équilibre lorsque quelque chose met notre stabilité à l'épreuve, comme se tenir sur une jambe ou marcher sur de la glace.


Une chute survient lorsque les exigences de contrôle postural dépassent notre capacité à maintenir l'équilibre. Cela peut se produire lorsque les informations sensorielles sont trop lentes ou inexactes, lorsque l'intégration complexe des informations sensorielles dans le cerveau est inadéquate ou lorsque la réponse motrice du cerveau est retardée ou lorsque les muscles ne peuvent pas se contracter à temps. Analysons chacun d'eux séparément:


  1. Premièrement, avec le vieillissement, la qualité des informations sensorielles fournies par les trois sens, mentionnés ci-dessus, diminue. La vue diminue et la rétroaction sensorielle des articulations vers le cerveau est diminuée. Cette dernière peut être causée par de multiples facteurs. Par exemple, le gonflement des membres ou les maladies des articulations telles que l'arthrite. Le système vestibulaire est également sensible aux infections de l'oreille et aux vertiges qui provoquent des étourdissements et augmentent donc le risque de chutes. Certains médicaments peuvent également entraîner des problèmes du système vestibulaire. Tout cela conduit à des informations trompeuses au cerveau qui prennent plus de temps à traiter et à intégrer.

  2. Deuxièmement, avec l'âge et l'inactivité, ces informations complexes dans le cerveau peuvent ne pas être en mesure d’être intégrer aussi efficacement et aussi rapidement. Pour cette raison, le maintien de l'équilibre et la prévention des chutes nécessitent encore plus de concentration mentale et d'attention. Cela empêche également notre capacité à effectuer plusieurs tâches. Par conséquent, il devient difficile de marcher et parler en même temps.

  3. Enfin, en vieillissant, les muscles s'affaiblissent et ne parviennent pas à se contracter aussi vite ou avec autant d’intensité pour maintenir notre équilibre. Il y a aussi une perte de masse musculaire, appelée sarcopénie. Cette perte de masse musculaire est aggravée par la sédentarité et l’inexécution d'activités physiques quotidiennes.


Tous ces changements liés à l'âge augmentent donc la probabilité de chutes. La peur des chutes entraîne directement une plus grande inactivité. Conséquemment, ceci réduit grandement la force et l’équilibre.


La bonne nouvelle est qu'il n'est jamais trop tard pour briser ce cycle et ralentir ce processus de détérioration. Il est important de rester actif et de faire, au moins, 150 minutes d'exercices à intensité modérée par semaine. Une intensité modérée signifie de se sentir légèrement essoufflé et d’avoir un peu chaud. Il faut également faire des exercices pour renforcer nos jambes et notre tronc. Un mode de vie actif mènera finalement à un corps plus fort, à un style de vie plus indépendant et à moins de chutes.

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